5.
>/ici
s'amorce l'architecture d'une autre archive :
la pile au-dessus de la bibliothèque
rassemble des carnets, des cahiers, des journaux,
une palette recouverte de tâches de peinture séchées,
formant la carte d'un continent inédit, des négatifs,
des photographies en attente de rangement,
d'un classement impossible, pile en souffrance -
ceux qui ont œuvré sans le savoir à sa composition sont morts,
hormis le capitaine, mon grand-oncle, qui vit depuis 1940
dans le même appartement, rue des Halles ; le capitaine
est un homme, le seul que je connaisse, à avoir été
amené à en tuer d'autres, au corps à corps,
ennemis d'une guerre sans consentement mutuel ;
souffrance de ne pas les avoir rencontrés,
ces familiers d’avant « mon » temps :
Étienne Mercier, mon arrière-grand-père, sculpteur & fondeur
BRONZES ARTISTIQUES ET COMMERCIAUX
4 allée des Hêtres, Le Raincy (S.-&-O.) ;
Georges, un de ses trois fils, qui prit sa succession à contrecœur,
m’a-t-elle dit – j'ai sauvé de sa vie
des photographies d'étoiles aux dédicaces presque toutes pré-imprimées,
Janet Gaynor, Violet Hobson, Colleen Moore, Betty Balfour,
Mildred Harris, Mae Murray, Ruth Clifford, William S. Hart,
Anita Stewart, Douglas Fairbanks, Mary Pickford,
Lilian Gish, Greta Garbo, produits d'un Hollywood à peine olympien ;
Christiane, sa fille, issue d'un accident qu'elle reconduit, étant mineure, pour donner naissance à Martine Elisabeth Mercier,
le 16 décembre 1956 à 16 h 45
{fragment fondu au blanc :
Est-ce que la solitude, donne plus de crédit
aux autres, ou d’égards non je ne crois pas.
J’y pense plutôt comme une machination
non péjorative, un hold-up blank, je
prépare et calcule chaque détail, tel que
parfois cela semble niais ou naïf de
les écrire sur table.
Plus rien de passe à l’as – en
d’autre terme. 21.4.77.
}
fille sans père de mère-fille
à qui je redonne naissance
le temps d'un écho
moi
qui suis
l’écho de leurs gestes
mêlés
un temps
de leurs temps
lié à l’écho
de notre familial riddim
s'amorce l'architecture d'une autre archive :
la pile au-dessus de la bibliothèque
rassemble des carnets, des cahiers, des journaux,
une palette recouverte de tâches de peinture séchées,
formant la carte d'un continent inédit, des négatifs,
des photographies en attente de rangement,
d'un classement impossible, pile en souffrance -
ceux qui ont œuvré sans le savoir à sa composition sont morts,
hormis le capitaine, mon grand-oncle, qui vit depuis 1940
dans le même appartement, rue des Halles ; le capitaine
est un homme, le seul que je connaisse, à avoir été
amené à en tuer d'autres, au corps à corps,
ennemis d'une guerre sans consentement mutuel ;
souffrance de ne pas les avoir rencontrés,
ces familiers d’avant « mon » temps :
Étienne Mercier, mon arrière-grand-père, sculpteur & fondeur
BRONZES ARTISTIQUES ET COMMERCIAUX
4 allée des Hêtres, Le Raincy (S.-&-O.) ;
Georges, un de ses trois fils, qui prit sa succession à contrecœur,
m’a-t-elle dit – j'ai sauvé de sa vie
des photographies d'étoiles aux dédicaces presque toutes pré-imprimées,
Janet Gaynor, Violet Hobson, Colleen Moore, Betty Balfour,
Mildred Harris, Mae Murray, Ruth Clifford, William S. Hart,
Anita Stewart, Douglas Fairbanks, Mary Pickford,
Lilian Gish, Greta Garbo, produits d'un Hollywood à peine olympien ;
Christiane, sa fille, issue d'un accident qu'elle reconduit, étant mineure, pour donner naissance à Martine Elisabeth Mercier,
le 16 décembre 1956 à 16 h 45
{fragment fondu au blanc :
Est-ce que la solitude, donne plus de crédit
aux autres, ou d’égards non je ne crois pas.
J’y pense plutôt comme une machination
non péjorative, un hold-up blank, je
prépare et calcule chaque détail, tel que
parfois cela semble niais ou naïf de
les écrire sur table.
Plus rien de passe à l’as – en
d’autre terme. 21.4.77.
}
fille sans père de mère-fille
à qui je redonne naissance
le temps d'un écho
moi
qui suis
l’écho de leurs gestes
mêlés
un temps
de leurs temps
lié à l’écho
de notre familial riddim

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